On recrute des profils expérimentés. Puis on les enferme dans des process rigides.
On parle d'autonomie. Mais toutes les décisions stratégiques restent concentrées au sommet.
On parle d'intelligence collective. Mais on valorise l'exécution plus que la réflexion.
On valorise celui qui reste tard. Pas celle qui est efficace.
On exige de l'initiative. Mais on sanctionne l'erreur.
La santé mentale ne se dégrade pas uniquement à cause du volume de travail. Elle se dégrade quand un salarié comprend que :
— son potentiel n'intéresse personne
— sa marge de décision est fictive
— sa contribution est interchangeable
Et ce n'est ni un cours de yoga ni une corbeille de fruits qui viendront résoudre le problème.
Un collaborateur qui n'a ni pouvoir réel, ni espace pour penser finit par s'éteindre. Le désengagement n'est pas une fragilité. C'est une réponse rationnelle à un environnement qui ne fait pas confiance.
Faire mieux est possible. Mais ça demande de la maturité relationnelle. La capacité à considérer réellement ses collaborateurs comme des adultes compétents. La capacité à partager le pouvoir. La capacité à supporter la contradiction.